Trois journées au-dessus de Servoz

La météo n'est pas fabuleuse ces jours-ci: il ne fait pas vraiment beau, mais il ne neige pas vraiment non plus. Mais je ne tiens plus en place, il me faut de l'air, de l'espace.

 

Le premier jour, mercredi, je visite deux petits sentiers que je n'avais encore jamais remarqués. Le premier semble rapidement descendre sur la cabane du Vieux Cheppy, je fais demi-tour. Mais en quelques centaines de mètres j'ai pu entendre le cri d'un pic noir, apercevoir l'aigle royal (qui ne m'a pas laissé le temps d'attraper les jumelles), et photographier un chamois et toute une troupe de casse-noix mouchetés. Sur le deuxième sentier, un peu plus haut, je retrouve l'aigle, posé dans un sapin à quelques encablures seulement du chemin. Je pousse un peu plus haut, mais j'ai les jambes lourdes, je n'irai pas jusqu'aux chalets de Pormenaz. En descendant, je repense à l'aigle et je me dis qu'au vu de mon état de (mé)forme, un affût près du sentier serait sans doute une bonne façon de passer la journée du lendemain.

Le deuxième jour, je pars avec ma petite bâche verte et deux morceaux de filet de camouflage. Je profite du brouillard pour installer le tout près du sapin repéré la veille. J'espère que l'aigle ne m'a pas vu !

Une fois sous la bâche, j'installe l'appareil photo sur le trépied. J'apprécie énormément d'être assis à l'abri du vent. Mais rapidement, le temps me paraît long. J'ai installé mon affût de manière à ne pas être vu. Mais moi-même je ne vois pas grand-chose: la bâche réduit mon champ de vision à une douzaine de mètres de part et d'autre du sapin sur lequel j'espère que l'aigle viendra se poser. Je suis prêt et archi-prêt, le doigt sur le déclencheur, s'il vient je ne le raterai pas.

Mais à force de fixer ce sapin, je commence à voir double ... je regarde ma montre ... je fais une photo d'une petite baie rouge dont la branche porte un peu de givre ... au bout d'une heure, il faut se rendre à l'évidence: l'affût fermé, ce n'est pas pour moi. M'enfermer dans une tente, c'est tout le contraire de ce que je recherche en montagne. Je démonte mon bardas, cache le sac sous un sapin, et repars en vadrouille. En début d'après-midi, un peu plus à droite de l'endroit où je m'étais posté le matin, j'aperçois trois gros oiseaux: un gypaète adulte, un immature, et l'aigle. Quelques bancs de brouillards flottent encore à flanc de falaise, les photos ne seront pas géniales. Un casse-noix vient se poser au sommet d'un arbre, puis mes trois rapaces disparaissent au-dessus de la montagne. Une heure plus tard, l'immature revient. J'ai l'impression qu'il a fait le tour de Pormenaz: parti par le Nord et vers le haut, il revient par le sud et "en bas", en ayant descendu le vallon de la Diosaz. C'est certainement le même gypaète que j'avais observé le 30 octobre, car il a toujours l'échancrure en V dans les plumes de son aile droite. Il fait un petit tour devant moi et repart ... pour revenir 15 minutes plus tard, et passer juste au-dessus de moi. La dernière photo (celle de 14h37) n'a absolument pas été recadrée (j'ai seulement rectifié un peu la luminosité), et j'ai du ramener le zoom à 340 mm (ce qui donne tout de même 510 mm en équivalent plein format), tellement il est passé près. Les deux photos suivantes sont recadrées (j'ai coupé les ailes). Malheureusement, je pense que je n'ai pas suffisamment surexposé lors de la prise de vue (+ 1.33 IL) et il est donc trop sombre. De plus, il neigeait et on voit donc quelques petits points blancs !

Troisième jour: rien de fabuleux. Je suis monté jusqu'aux chalets de Pormenaz où j'ai observé des traces de pattes sur les toits encore partiellement enneigés. Peut-être une fouine qui passe l'hiver dans une charpente ? Une harde de chamois qui profitaient de l'absence de neige pour brouter. Et aussi une drôle de "décoration de Noël" posée sur une branche d'un arbre mort: encore une bouteille (de vin cette fois) abandonnée par quelqu'un pour qui il était trop compliqué de la ramener dans la vallée. Comme celle que j'avais ramenée le 30 octobre, j'ai trouvé celle-ci loin du sentier, mais tout près des chamois.

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