Voyage de Noces en Italie, 1ère partie

Allons voir Venise ... peut-être sous la neige ?

Ce sont les aléas des voyages en hiver: hé oui, entre Noël et le jour de l'an, parfois, il neige. Mais bon, on a l'habitude, les pneus neige sont montés depuis longtemps, les polaires sont dans les valises, nous sommes parés. Plus que parés même.

En effet, nous nous sommes renseignés: un épisode de acqua alta de 80 cm est annoncé pour la nuit de samedi à dimanche ! Dimanche matin, le niveau de l'eau aura baissé, mais ... on est jamais trop prudent ! J'achète illico une paire de bottes (Véronique attend d'être sur place, elle voudrait des bottes "vénitiennes", les savoyardes ne lui plaisent pas !), et ... j'ai commandé sur internet un petit bateau pneumatique "de plage" pour la Truffe.

 

27 décembre, samedi matin, c'est le départ. Nous avons 10 cm de neige dans la cour, et il neige dru. Dès les environs de Servoz, des touristes se garent sur le bord de la 2 voies pour chaîner, ça roule à 10 - 15 km/h. La montée jusqu'à l'entrée du tunnel est une petite épopée, 50 mètres devant nous, un chasse-neige ouvre la route à un poids-lourd ! Nous prions pour qu'il ne se mette pas en travers.

Arrivés sur la plateforme d'entrée du tunnel, nous poussons un gros ouf de soulagement. La montée est terminée, maintenant ça descend ! Mais côté italien, la route est entièrement blanche. A croire qu'ils n'ont pas de chasse-neige ! Heureusement, il y a très peu de circulation, et les tunnels sont nombreux et particulièrement longs. A Aoste (600 m d'altitude) nous avons encore 10-15 cm de neige. Nous retrouvons le goudron entre Aoste et Milan. Mais à partir de Vicenza, il recommence à neiger. Avec la nuit, la température baisse, et la neige tient au sol, la vitesse diminue. Verrons-nous Venise sous la neige ?

Vers 18h nous sommes à Mestre. Le GPS nous conduit directement à la Villa Moro Lin où j'ai loué un appartement. Notre hôte nous accueille chaleureusement, nous explique où se trouve l'arrêt de bus (à 30 m de la résidence), nous affirme qu'à Venise il faut absolument aller manger dans un "bacaro" (un bistrot en vénitien) ... et nous montre notre appartement: spacieux, confortable, une bouteille de vin sur la table, perfetto !


28 décembre, dimanche matin. Nous prenons le bus. La Truffe est muselée (obligatoire dans les transports en commun). Et nous débarquons à la gare routière de Venise. On achète des billets de bus pour le retour et les trajets du lendemain. Je sors le plan, et c'est parti. Nous déambulons de ruelles en canaux. De temps à autre, un campo (une place, avec toujours un puits au milieu) se présente, le champs de vision s'élargit, le soleil nous chauffe la couenne quelques instants, et nous repartons dans le dédale des petites rues. Véronique a deux objectifs: la Fenice, où elle verse sa larme, étreinte par l'émotion. Pensez, c'est le théâtre où furent jouées, entre autres, de nombreuses "premières" des opéras de Verdi (Rigoletto, La Traviata ...). Deuxième objectif: l'église San Maurizio qui abrite un musée de la musique, avec une reconstitution d'un atelier de luthier du XVIIIème siècle. Bien sûr, comme tous les touristes, nous passons aussi sur le pont du Rialto, traversons la place St Marc (à pieds secs, grosse déception: j'ai porté toute la journée le sac à dos contenant le bateau pour la Truffe + une énorme pompe pour le gonfler !!), nous passons devant le pont des soupirs, puis devant la statue de Victor Emmanuel II à cheval: ce monument comporte en fait plusieurs bronzes, dont un nous a particulièrement frappé par la détermination et le courage qui transparaissent dans le regard de la statue de la Venise résistante.

En effet, ce monument fait référence à l'insurrection de Venise le 17 mars 1848, contre l'occupant autrichien (Napoléon a cédé Venise à l'Autriche lors du traité de 1815): La République de Saint Marc est proclamée. Mais l'armée autrichienne organise un blocus terrestre et maritime. Les Vénitiens résistent pendant 17 mois. L'Autriche reprend Venise le 22 août 1849. C'est la victoire de la Prusse, alliée de l'Italie, sur l'Autriche à la bataille de Sadowa le 3 juillet 1866, qui contraint l'Autriche à accepter le rattachement de Venise au royaume d'Italie. Le 7 novembre 1866, le roi Victor Emmanuel II entre triomphalement à Venise.

Nous quittons les bords du Canale di San Marco pour entrer dans le quartier du Castello. Il est 14h45, nous marchons depuis 10 h ce matin, la fatigue se fait sentir, le froid aussi, l'heure du "cioccolata calda con pana" a sonné (e con sabayon pour Véronique) !!

L'après-midi touche à sa fin, le soir tombe, les jambes se font lourdes, nous mettons le cap sur le canale et pour prendre le vaporetto. Malheureusement, une erreur de 2 minutes nous fait prendre celui qui passe par le Canale Della Giudecca, alors que nous voulions prendre le "diretto" qui emprunte le Canal Grande. Nous ne passerons donc pas sous le Rialto !

 

29 décembre, lundi matin. "Cane trop grande" c'est ce que nous dit le chauffeur du bus. Il refuse catégoriquement de laisser monter la Truffe qu'il juge trop grande. Nous lui faisons part de notre étonnement, car hier elle avait exactement la même taille ! Rien n'y fait ! En Italie, le règlement est un peu fonction des jours, des humeurs ... Qu'importe, nous prenons la voiture. On se gare au parking du Tronchetto (21 € la journée, ça va), puis nous utilisons nos billets de bus pour prendre le "People Mover" (une sorte de métro tout automatique) jusqu'à la gare routière.

Petit passage à l'église San Pantalon. Puis nous traversons le quartier du Dorso Duro.

Endy a droit à sa matinée de star: tout le monde s'arrête pour l'admirer, les italiens disent "cane bellissima", pour les asiatiques elle est "so cute", les britanniques la trouvent simplement "beautiful", bref, elle sera dans les albums photo des touristes du monde entier. Même une petite fille, au restaurant, qui a passé 10 minutes à la caresser et à se faire léchouiller les mains, nous a offert un magnifique dessin de la Truffe !

Nouveau passage sur la Piazza San Marco (de nuit cette fois), nouveau cioccolata calda con pana, et cette fois, retour pédestre.

Nous renonçons à faire un tour en gondole, surtout à cause du froid. Véronique fait quelques emplettes, avant de prendre le chemin du retour.

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