Une journée cadeau

Elle a démarré tôt cette journée de fin janvier: 3h45 le réveil sonne. Lors de mes précédentes sorties, j'ai repéré un secteur du renard. D'abord de simples traces dans la neige, un glapissement, puis mardi dernier, j'ai vu ses yeux briller dans la lumière de ma frontale, 60 ou 80 mètres au-dessus de moi. Ce jour là je me suis installé sur un rocher en amont d'une clairière, juste avant que le soleil se lève.

J'ai surveillé tous les environs, et puis je l'ai aperçu. Il a traversé la clairière, après avoir fait le tour des chalets où de nombreux randonneurs s'arrêtent chaque jour, pour la pause casse-croûte. Le renard est un animal opportuniste, il sait parfaitement profiter des croûtes de beaufort ou des bouts de gras de jambon ...

Donc ce samedi matin, aux environs de 6h30 je m'assois sur un gros bloc en bordure de la clairière et j'attends ... en vain. Il y a du vent, et il m'a sans doute flairé. Pas de renard ce matin. Mais j'ai entendu chanter un tétras !

Il n'est que 8h30, la journée ne fait que commencer. Je vais tenter ma chance un peu plus loin. Mardi dernier, j'ai également repéré un gypaète. Il était arrivé dans mon dos alors que je me mettais un peu de crème solaire sur le pif. J'avais seulement pu faire quelques images "de dos" alors qu'il filait en direction d'une petite cascade de glace.

Je retourne donc poser mon sac dans le même coin (mais un petit peu plus bas), en me jurant bien de garder les yeux grand ouverts. Sur le bord du chemin, je croise quelques bouquetins (c'est aussi leur secteur), avec quelques petits nés au printemps 2015. J'avance lentement, me demandant toutes les dix minutes si cette bosse là à droite n'offrirait pas un meilleur point de vue que cette autre plus à gauche ... Après quelques hésitations, je suis en place vers 10h30. Le gypaète peut venir. Je guette aussi les chamois dont je sais qu'ils se promènent parfois sur la rive opposée du torrent. Le torticoli me guette, il me faudrait une tête pivotante à 180°, comme celle des chouettes !

A partir des environs de midi le vent se lève. Des nuages arrivent par l'ouest, venant parfois voiler le soleil. Mais je suis chaudement habillé et fermement décidé à ne pas rentrer avant l'arrivée de la pluie !

A 13h07 je remarque un couple de chamois sur un petit promontoire qui prend le soleil et qui me parait photogénique. Je prends quelques clichés tout en surveillant la direction opposée par laquelle est censé arriver mon vautour favori.

Le vent forcit, il s'engouffre dans la gorge sous mes pieds, et fait siffler les aiguilles des petits épicéas. Je rentre la tête dans les épaules. Je suis têtu. J'ai décidé de rester, "et pis f'est tout" !

13h28: ça bouge, tout en bas dans la gorge. Caramba, je ne l'ai ENCORE pas vu venir. D'où sort-il ? Appareil en main, je me lève d'un bond, et fais quelques pas pour m'approcher du bord de "ma terrasse". C'est bien mon gypaète. Il passe en revue tous les dépôts d'avalanche, en passant tout près du sol, vire sur l'aile et s'élève doucement. Le vent est fort, presque violent. Le voir jouer avec Éole est un pur régal. Il prend appui sur l'air pour effectuer des "virages plongeants" exactement comme un skieur sur la neige, un surfeur sur l'eau, ou un vttiste sur la terre, c'est une vraie danse.

Il est resté trois minutes. Il est venu me voir de près, de très près même: comme le 19 décembre dernier, j'ai été obligé de dé-zommer pour le garder tout entier dans le cadre, jusqu'au 210 mm (x 1,5 = 315 mm en plein format). D'ailleurs c'était le même individu, la plume centrale de sa queue est abîmée.

Concernant la série de photos, je n'ai pas fait une "grosse" sélection, parce que je veux faire profiter au maximum, mais il est clair que cette fois il y en a quelques unes qui  sont ... disons "bien". Notamment, je tiens à préciser que les deux photos où le gypaète se présente face à moi et ses ailes occupent toute la diagonale de l'image, et bien ces deux photos n'ont pas été recadrées DU TOUT. Je n'ai pas utilisé l'informatique pour le faire paraître plus gros, ces deux images sont vraiment au format de sortie du capteur (soit 6000 x 4000 pixels). La focale de l'objectif est tout de même conséquente: 500 mm x 1,5 = 750 mm  en plein format. C'est à partir de ces deux photos que j'ai dé-zoomé car il ne rentrait plus tout entier dans l'appareil !

Après cette visite royale, je me suis dit que je pouvais descendre ! Car la journée n'était pas terminée.

J'ai eu le temps de m'accorder une petite sieste (1h30 environ), avant de filer au concert d'Ibrahim Maalouf (Kalthoum), à Sallanches. Un concert ... comment dire ... "époustouriffant" ! Des mélopées chaloupées qui ne terminent jamais, des musiciens qui s'entendent à merveille, jouent véritablement les uns avec les autres, un batteur absolument royal et délirant à voir jouer (on était au 5ème rang !): la tête en arrière et les yeux fermés ... entendre le disque est une chose, les voir sur scène est un vrai spectacle complet, un voyage en apesanteur. Si j'ai bien lu, il reste des places pour le concert au Phare de Chambéry le 08/10/2016 (mais je pense que ce sera un concert différent (Red and Black Light).

 

J'appelle ça une JOURNÉE CADEAU, une journée qui colle la banane pour toute la semaine ! 

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