Quand on est con ... !

Ça commence par un 14 juillet pluvio-neigeux. Sachant maintenant tirer parti de circonstances défavorables, je décide de mettre à profit cette météo particulièrement revêche pour aller construire des affûts, en préparation de la saison du brame à venir. J'enlève donc le gros appareil photo du sac à dos, et je le remplace par une petite scie afin de couper quelques branches (j'emporte tout de même mon vieux compact pour ramener quelques images "souvenirs").

Le chemin du Châtelet étant fermé pour cause d'éboulement, je change de point de départ (par rapport à l'automne 2015). Mais j'ai mal évalué le temps de marche et il me faut près d'une heure de plus que ce que j'avais prévu pour grimper jusqu'au col. Je pensais avoir suffisamment de temps devant moi pour construire deux affûts. Mais je ne pourrai en faire qu'un seul. Il faudra revenir ! Sur le chemin du retour je re-franchis le col (en sens inverse) sous une belle bourrasque de neige, la montagne comme je l'aime.

Le lendemain, le soleil est de retour. Mais les températures restent "fraîches" (pour un 15 juillet), un temps idéal pour aller voir si notre gypaèton veut bien décoller. Après une petite grasse matinée, je file donc en direction du massif des Bornes. A 11h30 au parking (1340 m), le soleil brille et il fait chaud. Je monte donc en short et T-shirt et j'emporte une petite polaire et les "jambes" du pantalon dans le sac. Je laisse la grosse polaire dans la voiture. ÉNORME erreur. Au poste d'observation (1550 m), une petite bise souffle du nord-est et de gros nuages gris traversent le ciel, masquant le soleil très régulièrement. En trois mots: je me caille !!! Par intermittences, certes, car lorsque le vent tombe et que le soleil réapparaît, je me réchauffe un peu, mais la situation n'est tout de même pas très confortable. Les gypaètes adultes tournent régulièrement devant la paroi, ils font même deux passages assez rapprochés dans la petite combe juste au-dessus de moi, mais le petit reste fermement agrippé à son nid. A 15h09, un adulte se pose au nid. J'ai à peine le temps de poser les jumelles et d'empoigner l'appareil photo qu'il repart aussitôt. A 16h, le ciel se bouche, j'ai l'impression que le soleil ne reviendra plus, je ressens la fatigue de ma grosse journée de la veille (8h de marche, 2000 m de D+, avec la neige et la pluie) et je commence à avoir vraiment froid. Je range le matériel. 16h05, le sac sur le dos, je jette un dernier coup d'œil en direction du nid. Un adulte refait un passage. Je pose le sac et me rassoit. Mais rien ne se passe. Cette fois j'y vais. En descendant, je croise un groupe d'observateur sur le bord du chemin, les yeux rivés aux longues vues et aux jumelles. Décidément ce gypaèton est sous très étroite surveillance.

En arrivant à l'appartement, un rapide coup d'œil aux courriels me confirme ce que j'avais pressenti: il a sauté à 16h30. A cause d'un veste laissée à la voiture, j'ai loupé l'envol du gypaèton 2016, à 30 minutes près ! Vraiment, "l'âge ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con !!"

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