Portrait de biche

Au milieu de cette période de brame 2017, est venue s'insérer une "opération gypaète": 10 postes d'observation répartis tout autour de la chaîne des Fiz. Des transports de laine et de branches avaient été observés, signifiant la construction ou la recharge d'un nid ... ce qui a pu être vérifié lors de cette opération commando. Malheureusement, ma période de scoumoune continue avec le casseur d'os: je ne ramène que deux images d'un "rougequeue noir" ! Un oiseau que je n'avais jamais vu auparavant ! Masque de zorro sur les yeux et queue rouge, c'est le site Vogelwarte.ch qui en donne la plus belle description:

 

"C'est lui le guetteur de lune, toujours sur le qui-vive au faîte du toit, tressaillant sans cesse en hochant nerveusement la queue comme si elle était montée sur un ressort. Les insomniaques connaissent bien le chant du Rougequeue noir, déchirant le silence de la nuit bien avant l'aurore, signal attendu des merles et rougegorges pour entrer en scène. Montagnard à l'origine, cet oiseau inféodé à l'univers minéral jusqu'aux confins des glaciers a su profiter des constructions humaines pour étendre son domaine jusqu'en plaine."

Montagnard ET citadin: je l'ai photographié à 1700 m d'altitude, et je viens d'en voir un cette après-midi, chez nous, sur le toit du préau !

Entre la dernière sortie au brame (le 8 octobre), et celle d'hier, j'ai effectué 3 sorties dont je suis revenu complètement bredouille. Les cerfs restaient obstinément en forêt, complètement inaccessibles.

Pour passer le temps, j'ai tenté quelques images "artistiques" avec une jolie feuille toute jaune qui dansait dans le vent, toute seule, la dernière à rester accrochée tout au bout de sa branche. Vraiment toute seule ? Non pas tout à fait, elle était accompagnée par une vieille feuille, orange, toute rabougrie. On aurait dit Don Quichotte et Sancho Panza qui ferraillait contre les moulins à vent, la souplesse de la tige qui les portait évoquant dans mon esprit l'élasticité de la lame d'une épée.

Bref donc j'ai utilisé des vitesses lentes pour imprimer le mouvement des feuilles sur l'image. La difficulté se trouvant dans le fait de devoir à priori conserver la branche nette, afin d'avoir tout de même un élément de l'image qui soit net. La vitesse de déplacement de la feuille étant supérieure à celle de la branche, cela doit être possible. Malheureusement, dans mes différents essais, je ne suis pas allé au-delà du 1/25 sec. Et ce fut une erreur ! La prochaine fois sera la bonne !

Je vous présente tout de même deux photos à peu près regardables.

 

Après cet intermède feuillu, je suis donc remonté (hier samedi 21) une dernière fois "aux cerfs" avec la ferme intention de ramener des images (après avoir fait choux blanc à trois reprises, je le rappelle !). Premier changement de stratégie: le soir ne donnant rien et la pluie étant annoncée en fin d'après midi, je mets le réveil à 4h du mat'. Deuxième changement de stratégie: aucun cerf n'étant en terrain découvert au petit matin, je m'enfonce dans la forêt. Enfin ... dans ce qui était une forêt. Toutes les feuilles étant tombées à terre, les arbres sont nus, ce qui améliore considérablement la visibilité et la luminosité. Inconvénient: les feuilles au sol crissent sous les pieds, même si elles sont légèrement humides. Bon, me voilà donc en mode quasi-billebaude, traversant le bois en direction d'un cerf qui brame dans une petite combe, en terrain découvert (mais à l'altitude de la forêt). J'avance doucement, à pas de loup. Soudain, un raire. Pas loin, à moins de 50 m. Trois pas en arrière, je pose le sac, sors l'appareil, fixe le pare-soleil (environ une minute pour faire tout ça), Appareil en main, j'enjambe un tronc d'arbre, et là, une biche, à 10 m. Elle ne m'a pas vu. Doucement, l'œil dans le viseur ... clic-clac, c'est bon. Deux images, au 200 mm seulement, un portrait, au milieu des troncs des bouleaux tout blancs. Bien sûr le bruit du déclencheur a déclenché la fuite de toute la famille: biche, faon et cerf qui suivaient quelques mètres derrière la biche.

Je continue ma balade à travers bois, et décide de descendre explorer un secteur que je n'ai encore jamais visité: le fond de la gorge. Je descends jusqu'au torrent. Sur la rive d'en face, j'observe à bonne distance quelques biches et faons, et un cerf, un très beau cerf à la ramure impressionnante, mais qui ne sortira jamais du sous-bois. Un autre cerf brame à 150 m de là. L'aigle royal est là aussi, posé sur une branche. Je commence à comprendre. Il ne servait à rien de rester en haut, c'est en bas que tout se passait. Je découvre un terrain de jeu splendide, une grande clairière, coupée en deux par le torrent, que je traverse (à pieds nus pour ne pas tremper chaussures et chaussettes: l'eau est glaciale et avec l'effet du courant, c'en est douloureux). Je remonte de l'autre côté. Pour le brame 2018, c'est là que je serai (en plus l'accès est beaucoup plus direct et rapide), ça promet !

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