Je change de secteur !!

Passons rapidement sur ma sortie du 13 septembre, mémorable par sa nullité absolue: L'ouverture de la chasse est prévue pour le dimanche 14, nous sommes en période de brame du cerf, et je sais où ils se trouvent (je les ai entendus et surtout vus, l'an dernier, mais de loin). J'aimerais beaucoup photographier un cerf, de pas trop loin. Malgré tout, je sais que ce sera compliqué: le bout de forêt où ils se cachent est pentu et la végétation est très dense, avec beaucoup d'arbustes en plus des sapins.

Une fois sur place, je suis dépité: je parcours toute la lisière de la forêt sans pouvoir y pénétrer, c'est mission impossible ! J'en ai entendu un qui poussait quelques gros cris rauques à moins de 100 m, mais impossible de l'apercevoir ou de tenter une approche. C'est tout juste si j'ai pu faire une photo vraiment minable d'un beau cerf qui se débine à toute allure dans les vernes. Des heures de marche pour rien. Il faudrait que je revienne passer la soirée bien caché, dans l'espoir qu'ils sortent du bois au crépuscule.

Voilà, j'ai tiré la leçon: le brame, ça se prépare. Il est vraiment nécessaire d'aller sur les lieux en avance (pendant l'été), ne serait-ce que pour trouver un passage ! Et ensuite trouver LE coin précis où je pourrai me cacher. Donc, ce sera pour 2015 !

Après cette sortie ratée, et après avoir passé tout l'été autour de la Pointe de Pormenaz, j'éprouve le besoin de changer de secteur. J'hésite: les Aravis (Doran, combe des Fours) ? Les Contamines (Armancette, combe de Covagnet) ? ou les Aiguilles Rouges depuis Chamonix ou le Col des Montets ? Il y a longtemps que j'ai envie d'aller voir les lacs du versant Nord des Aiguilles Rouges: Cornu, lacs noirs, que je ne connais pas encore. Ce sera donc Chamonix. Je ferai des photos de paysage pour changer des animaux.

Je prends donc le grand angle, et le bridge Panasonic pour avoir tout de même un 600 m à portée de main, au cas où !

Samedi 20, le réveil est toujours calé sur 2h30 ... j'arrive au parking du téléphérique de la Flégère sous une petite pluie fine mais persistante, qui ne cessera qu'à la sortie de la forêt vers 1800 m, à l'entrée de la combe de la Charlanon.

Alors que je regarde très régulièrement vers la droite pour ne pas louper le petit sentier, je distingue une paire d'yeux jaunes qui m'observent. Le sentier me permet de m'approcher lentement en décrivant un arc de cercle. Il est 7h10, l'obscurité commence à décroître.  Je me demande à qui peuvent bien appartenir ces yeux qui me fixent. Un chamois aurait déjà sifflé et détalé depuis longtemps. A Pormenaz j'avais l'habitude de croiser des bouquetins qui restaient paisiblement couchés, à quelques mètres du sentier. Mais c'est curieux, je ne distingue pas de cornes ! Les renards sont généralement beaucoup plus mobiles. Je vois aussi deux autres paires d'yeux qui vont et viennent dans les rochers sans trop s'éloigner de celle qui me fixe. Sans doute une mère et ses deux petits. Cet animal, à 1850 m environ, juste au-dessus de la limite de la forêt, ne semble pas craindre l'homme puisqu'il m'a laissé approcher jusqu'à une petite centaine de mètres. Dans la demi pénombre, il m'a semblé deviner la silhouette du lynx. Malheureusement, il n'a pas daigné attendre que le jour se lève complètement. Je n'aurai donc aucune certitude, seulement une impression, un doute ... et une photo d'une crotte, prise sur le petit promontoire où il se tenait, dont je suis bien incapable de tirer quoi que ce soit !

Le jour se lève doucement, sur un ciel d'automne. Un tétras chuinte dans la bruyère à 20 ou 30 m, puis un chamois solitaire vient prélever quelques myrtilles. J'observe tout cela quelques dizaines de minutes puis reprends mon chemin. Un peu plus haut je dérange une harde de chamois. Je continue jusqu'au col Cornu, descends de l'autre côté jusqu'au bord du lac Cornu, un peu décevant: depuis les rives du lac, on ne voit ni les Fiz, ni Pormenaz. Je remonte au col de la Glière puis redescends hors piste dans la combe de la Glière. Je tombe nez à nez avec un chamois qui se cache dans les rochers.  Trente mètres plus loin c'est un renard qui m'échappe de peu. Puis retour aux Praz par la grande piste carrossable. Je rentre fatigué mais tout de même très excité par cette vision de cet animal dont je n'ose pas penser qu'il puisse réellement s'agir du lynx, le "fantôme des bois" ! Autant la présence d'un lynx dans une combe remplie de chamois est assez logique, autant la présence de chamois broutant paisiblement à moins de 300 m d'un endroit où un lynx se tenait 10 minutes auparavant me semble franchement bizarre.


Ma curiosité est à son comble: il faut que j'y retourne. Le lendemain dimanche, nouveau réveil à 2h30. Cette fois je me gare à La Joux pour gagner 150 m de D+. Mais le chemin est un peu plus long, et j'arrive à l'entrée de la Combe de la Charlanon un peu trop tard, vers 7h25. Bien sûr, aucun lynx, mais une harde de chamois: des adultes qui broutent tranquillement et des jeunes qui courent et sautent dans tous les sens. La présence d'un prédateur dans le secteur me parait hautement improbable. Je fais quelques photos des chamois. La pluie arrive, puis le brouillard. J'ai DEUX nuits à finir: une bonne sieste s'impose: je rentre sans traîner.

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