mar.

19

févr.

2019

Une boucle ... et une traversée

Il fut un temps où, Seb et moi, nous recherchions les belles pentes, les couloirs en poudreuse ... avec plus ou moins de réussite mais globalement j'en retiens d'excellents souvenirs de très bon ski et de petites décharges d'adrénaline.

Aujourd'hui, avec l'âge, je recherche autre chose. Aujourd'hui, le bonheur est sur le chemin, alors ... j'allonge le chemin !

LES TROIS COLS DES CONTAS

Première "randonnée allongée", en compagnie de Robin: un tricotage de trois des cols classiques du secteur des Contamines Montjoie: col de la Fenêtre, col de la Cicle, et col du Bonhomme. Avec en prime un peu de poudreuse tassée dans les deux premières descentes, hé oui, on ne se refait pas et si on peut poser une cerise ou une fraise sur le tiramisu, pourquoi s'en priver ???

Cependant, en période de congés scolaires les deux premiers cols sont très fréquentés car très faciles d'accès par les remontées mécaniques. Un drone survole le col de la Cicle, les caméras sont vissées sur les casques. Au-dessus du refuge de la Balme, le contraste est total: nous sommes seuls à remettre les peaux pour remonter. Au plan Jovet nous traversons un énorme dépôt d'avalanche. Une grosse plaque est partie sous le sommet des Aiguilles de la Pennaz, 700 m plus haut. En descendant, elle a déclenché d'autres plaques sur les contre-pentes situées de part et d'autre de sa trajectoire. On peut dire que c'est tout le versant N-E qui est descendu, toute la pente a purgé. Très impressionnant. Sous la "Tête de l'Aigle", nous croisons un unique skieur, et au col du Bonhomme, il y a le paysage, le silence, et QUE nous ... et c'est très appréciable !

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dim.

10

févr.

2019

Retour aux fondamentaux

Hé oui, l'hiver, la neige ... j'ai décidé de laisser un peu tranquilles les animaux de la montagne, le téléobjectif dort au chaud. J'ai ressorti les skis et les peaux et j'accumule le D+, parfois en compagnie d'un jeune "Auvergnat" en stage à Sallanches. Dans le sac, le réflex alterne avec l'appareil compact, du coup la qualité des photos est variable, à l'image de la météo.

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mar.

11

déc.

2018

Cerfs et biches dans la neige, mais ...

... mais tout n'apparaît pas sur les images, tout n'entre pas dans l'appareil photo. Certes, si je me trimbale un sac de 10 ou 12 kg, hors sentier, dans la forêt, dans la neige, dans des pentes parfois raides, c'est surtout pour tenter de ramener des photos. Mais une grande partie des souvenirs que je ramène ne sont pas sur la carte mémoire de l'appareil, ils sont dans ma tête, et ce ne sont pas des "souvenirs d'affût", ce sont des "souvenirs de chemin":

C'est par exemple, en fin de journée, ce lièvre (un lièvre commun, pas un lièvre variable), pris dans le faisceau de mes deux lampes, et qui a cavalé devant mon VTT, à la descente, pendant ... peut-être 500 m. Après deux lignes droites sur ses talons, j'ai stoppé, pour le laisser s'enfuir tranquillement ou au moins le laisser prendre de l'avance. Il s'est arrêté lui aussi, au milieu du chemin, s'est assis et m'a regardé, en ayant l'air de dire "Alors la tortue, déjà fatiguée ??". Nous avons donc continué la descente, lui devant, visiblement sur un rythme "de croisière" me laissant croire que je pourrais le doubler, mais lorsque je suis arrivé presque à sa hauteur, il a accéléré, et à la sortie de la forêt, il a quitté le chemin pour filer dans le pré.

Plus récemment, c'est avec Lionel Hausseguy, (cheveux longs et petites lunettes rondes), accompagné d'un ami, que j'ai partagé un bout de chemin.

 

Enfin, beaucoup moins rigolo, c'était hier samedi (-7° au parking à 1150 m d'altitude et à 7h30): exceptionnellement (et peut-être même pour la toute première fois), j'étais parti sans appareil photo, seulement avec une paire de jumelles et une doudoune légère dans le sac (+ gants et bonnet). Comme à chaque fois depuis l'ouverture de la chasse, je suis allé dans une "réserve de chasse et de faune sauvage = chasse interdite". Je viens de vérifier sur la carte disponible ici, mise à jour le 22/08/2018: je me trouvais absolument et sans aucun doute ni discussion possible, à l'intérieur du périmètre de la réserve. J'étais dans la forêt, en train de chausser mes petits "crampons forestiers" (à cause de 10 cm de neige au sol) lorsqu'un chien s'est mis à aboyer, près du hameau situé à 400 ou 500 mètres en contrebas, sur ma gauche. J'avais déjà entendu un ou deux coups de fusil, qui avaient claqué sur la montagne d'en face (donc hors de la réserve). Rapidement, les aboiements se sont déplacés, de la gauche vers la droite, puis ils se sont rapprochés. Clairement, le chien suivait le chemin que je venais de parcourir. Sur ce chemin, 50 mètres en dessous de moi, sont arrivés une biche et son jeune, au trot, voir à une allure de "trot accéléré". Ils ont marqué un arrêt de 3 secondes et la biche a bifurqué pour prendre la sente dans la forêt et monter ainsi droit sur moi !! J'étais debout, jumelles en mains, et totalement éberlué. Ils m'ont vu bien sûr, mais n'ont absolument pas tenu compte de ma présence, ils sont passés à moins de 10 mètres de moi (peut-être à 5 ou 6 mètres). Moins d'une minute après, le chien est arrivé, portant collier de chasse avec un numéro de téléphone, et collier GPS avec émetteur (avec une antenne de 20 cm). J'ai tenté de le bloquer, sans succès, je lui ai seulement fait perdre une petite vingtaine de secondes. Et me voici donc parti sur les traces de la biche et du chien. Je précise que ce secteur de la forêt est truffé (ou bien "farci") de traces de cervidés en tous sens. J'ai compris que la biche était certainement allée trouver refuge dans une zone plus raide et bien enneigée, relativement proche. Rapidement le chien a cessé d'aboyer. Je suivais une trace bien marquée, dans une pente bien praticable, lorsque le chien m'a doublé en passant quasiment entre mes jambes ! A partir de là, je l'ai vu zigzaguer à droite et à gauche, visiblement il avait perdu la piste. J'ai tenté une fois ou deux de l'attirer à moi, mais je n'avais ni sandwich ni croquettes, pas de saucisson, pas de jambon, pas de fromage, rien !! Suivant toujours mon "autoroute à cerfs" (tracée maintenant dans 20 cm de neige), j'ai fini par rattraper le chien (une petite chienne en fait), toute grelottante contre le tronc d'un épicéa, la barbiche prise dans des catons de neige. Cette fois, elle s'est laissée approcher par Tonton Cyril !!! Après avoir tenté (en vain) de la mettre dans le sac à dos, j'ai bricolé une laisse avec la lanière de mes jumelles et la dragonne d'un de mes bâtons ... et puis retour au parking, et direction la gendarmerie.

J'ai entendu la discussion téléphonique entre le gendarme et le propriétaire de la petite chienne: le chasseur savait parfaitement où se trouvait sa chienne !

Hier c'était le 15 décembre. Depuis plusieurs jours les températures sont négatives et la neige recouvre le sol. Les animaux doivent lutter contre le froid, et gratter la neige pour se nourrir d'une maigre végétation, la neige rend leurs déplacements plus difficiles. Ils sont maintenant clairement dans une période où ils doivent lutter chaque jour pour leur survie. Et maintenant, voilà que des chiens de chasse viennent leur courir après dans un secteur qui théoriquement a été défini par la préfecture (en accord avec les associations de chasse j'imagine) comme une zone refuge pour la faune !!

Bon, sinon, j'ai tout de même fait quelques photos, mardi dernier (le jour où j'ai rencontré Lionel Hausseguy). Le week-end précédent, j'avais laissé mon trépied et mon filet de camouflage dans la forêt à 1800 m environ (je n'avais pas du tout anticipé les chutes de neige), et je devais donc aller les récupérer. A ma grande surprise, j'ai trouvé une harde de biches avec "leur" cerf, à la même altitude, qui prenaient le soleil (qui passait très bien au travers de quelques petits nuages de brume) sur une croupe un peu déneigée par le vent.

Je suis donc resté 32 minutes couché dans la neige (sans tapis de sol ni doudoune !) sous un épicéa (donc à l'ombre), à attendre une scène ou des postures, des positions intéressantes). Distance entre eux et moi: 200 mètres. Après ces 32 minutes, mes capacités de résistance au froid étaient épuisées et j'ai dû m'en aller !!

Juste avant cette scène avec les biches et le cerf: une photo prise "par un trou de serrure" (c'est à dire entre les branches d'un épicéa): deux chamois très occupés à re-peupler la montagne, et pas gênés le moins du monde par les deux biches juste au-dessus d'eux !!

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sam.

08

déc.

2018

Arrivée timide de la neige

Ce n'est encore que le début. Le sol n'est pas gelé, du moins pas en versant sud, et la fine couche de neige qui m'embête le matin lorsque je monte, ne résiste pas au soleil de l'après-midi. Mais c'est suffisant pour mettre un peu de blanc sur les photos, et surtout, ce week-end, ça change !

Voici donc encore quelques photos de chamois, toujours au même endroit, essentiellement des silhouettes qui se détachent sur la crête, sauf pour une photo où un mâle vient marquer un rocher en se frottant le haut du front contre une roche un peu saillante.

Dernière image de la série: un membre du couple d'aigles qui habite dans le coin vient passer devant les Dômes de Miage. Photographié au 220 mm (seulement) car juste après une photo de "paysage" (un gros dépôt d'avalanche dans le vallon de Miage, la 1ère de la saison, mais image nulle), et j'ai oublié de repositionner la focale sur 400 mm, gros inconvénient du zoom (par rapport à une focale fixe) pour les photographes étourdis ... bon ça permet de redonner toute sa valeur à l'environnement haute montagne ... toujours cette notion "samivellienne" de l'insignifiance et de la grandeur.

Aujourd'hui en bonus, une petite vidéo de 5 minutes.
Cette semaine, avec Véronique nous sommes allés voir la projection de "Montagne en scène", et le film qui a ouvert la séance était cette pépite de Jean Baptiste Chandelier (parapentiste virtuose), c'est une ode à la glisse et au rythme, tout en grandes courbes, à la montagne et en bord de mer, sur la neige et sur l'eau, c'est léger et facétieux, l'amuse-gueule parfait qui s'avale sans faim. Et donc cette vidéo se trouve sur Youtube, et je la relaie ici avec une pensée spéciale à Olivier qui m'a dit une fois que s'il n'avait pas fait de voile il se serait dirigé vers le parapente, et à Nico et Seb, mes deux potes de ski.
Voici deux commentaires que j'ai relevés (en anglais mais ça se comprend tout seul):

"This guy is part bird".

"Cool anti-gravity backpack".

Et une troisième phrase qui apparaît dans le film sur le pare-brise d'une voiture (brésilienne je crois): "Jesus nao esta morto".

Place aux images:

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dim.

18

nov.

2018

Place aux chamois

Les arbres ont laissé choir leurs manteaux chatoyants; ils offrent leurs branches aux bourrasques de foehn qui font valser dans l'azur les premiers flocons. Les couleurs s'estompent, les cerfs broutent en silence, le froid tombe sur les pentes et les combes. L'automne se retire, place à l'hiver, place au "cornu".

 

Bon, ces quatre lignes m'ont épuisé, je vais emprunter la suite à Samivel. Même si je ne partage pas complètement le caractère jusqu'au-boutiste de certains de ses propos, j'adhère totalement à ces deux phrases:

 

"Pour l'homme ou le poisson, le cerf ou bien l'oiseau, tout ce qui vit sur terre, en l'air ou sous les eaux, manger, aimer, penser ... dépend souvent d'un mot, et ce mot là, c'est "territoire"." (extrait de La Dame du Puits).

D'une part, cette notion de territoire saute aux yeux véritablement, lorsqu'on observe les chamois en cette saison: ils parcourent les pentes pour marquer chaque arbuste, chaque buisson, ou pour les renifler longuement, ils se postent en hauteur sur les crêtes afin de surveiller tout ce qui se passe "chez eux".

Et puis c'est aussi un beau sujet de réflexion, à l'heure de la mondialisation, des bouleversements climatiques et des chamboulements géo-politico-économiques qui génèrent des déplacements de populations (Venezuela, Syrie, Brexit, plombier polonais, incendies en Californie, ouragans sur la côte Est des E-U ...) ... Vous avez quatre heures, thèse - anti-thèse - synthèse, je ramasse les copies !!!

 

La deuxième citation ... c'est LA phrase lumineuse, celle qui traduit et résume parfaitement toute la poésie de la montagne, toutes les émotions nées de mes lectures de jeunesse et de mes randonnées (surtout à l'automne et en hiver):

"Le trésor caché au fond des solitudes, c'est la mesure simultanée d'une insignifiance et d'une grandeur". (Extrait de Le Fou d'Edenberg).

Bon, j'espère que certaines des images qui suivent dévoilent un petit bout de ce trésor caché (même la deuxième photo sur laquelle vous ne verrez rien d'autre qu'un simple ballon rouge qui transporte une carte par delà les cols et les montagnes, poussé par le foehn).

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Je ne suis pas un photographe professionnel. J'ai un métier que j'exerce à temps complet. Je suis simplement un "photographe randonneur" passionné de montagne et de nature, la photographie est un loisir que je pratique pendant mon temps libre, en pur amateur. Photographier des animaux sauvages exige de passer beaucoup de temps sur le terrain.

 

Néanmoins je me ferai un plaisir de répondre à vos questions et à vos demandes aussi rapidement que je le pourrai. N'hésitez pas à me contacter:

 

M. Cyril DESAGE

Chedde

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