jeu.

19

juil.

2018

Le coin de Franck

En ce début d'été, je change toutes mes habitudes. La faute à Franck ! Lors d'une soirée pique-nique familial dans les bois, c'est lui qui m'a montré cette "clairière", juste au-dessus de la forêt. "Tu vas voir, le soir, tous les animaux sortent". Et en effet, nous avons pu jumeler des chamois et des biches, dont quelques mères accompagnées de leurs petits. Bref, donc ces photos qui vont suivre, en fait je les dois à l'ami Franck et j'espère bien qu'après les vacances, nous irons en faire ensemble !!

Du coup, terminé le réveil qui sonne à 5h du mat', maintenant je "monte" en soirée, le week-end bien sûr, mais aussi en semaine, après le boulot. J'arrive sur place autour de 18h, parfois un peu avant, parfois un peu après. Les horaires de sortie des animaux varient en fonction de la météo: s'ils fait frais, ils peuvent être à découvert dès 18h (ce qui peut poser problème si je ne suis pas déjà installé), mais lorsque les températures sont franchement estivales, ils attendent que le soleil passe derrière la montagne et alors c'est le manque de lumière qui complique la tâche du photographe.

Lors des premières sorties, j'apprends à connaître le coin (car c'est un "bas de combe" assez vaste (je dirais environ 3 ha), autour de 1700 m d'altitude, avec plusieurs clairières de tailles variables, entrecoupées de massifs plus ou moins touffus de vernes; quelques talwegs coupent la pente. On devine facilement quelques "autoroutes" à bestioles qui traversent la montagne sur une ligne presque horizontale. Je cherche le meilleur endroit. Un endroit où je peux me dissimuler facilement (à l'ombre sous des arbres, et derrière quelques hautes fougères), à bon vent, et ni trop loin ni trop près d'un lieu de passage. Je sais que le coin est connu, et je découvre sans trop d'étonnement qu'il est aussi bien fréquenté: un soir, alors que je me dirige vers un endroit favorable que j'avais repéré quelques jours avant, je tombe sur un véritable affût composé de branches et de fougères, duquel dépassent deux téléobjectifs. Peu importe, il y a de la place pour plusieurs photographes !

Ces premières photos sont plutôt pas trop mal, mais elles sont surtout le fruit de la chance si l'on tient compte que je me suis posté un peu "au hasard". C'est un début encourageant, et prometteur.

Pendant ces premières sorties, je passe beaucoup de temps à observer aux jumelles, les sentes empruntées par les animaux, leurs horaires. Un soir, alors que je suis sur le chemin du retour, je me retourne, et je vois 4 ou 5 biches qui broutent paisiblement dans une pente d'herbe en lisière de laquelle je me trouvais 15 ou 20 minutes auparavant !!

Bref, petit à petit, j'apprends où se trouvent les meilleurs emplacements. Voir, LE meilleur emplacement ! Juste au pied, ou même au milieu d'une grande pente d'herbe d'un vert splendide, agrémentée de grosses plantes grasses, de grandes fleurs et de touffes de fougères. Deux arbres morts sont couchés au sol, l'un est très esthétique, l'autre est moche comme la pluie. Devinez lequel à la préférence des biches ??

Je réussis quelques images pas trop mal, de chamois, mais aussi de biches avec leurs faons (avec les ronds blancs comme bambi !!). Vous noterez dans cette série, deux photos de la même clairière, traversée à 14 minutes d'intervalle, d'abord par un chamois, puis par une biche. Vous verrez aussi un faon qui tourne la tête, surpris par un chamois qui broute à une vingtaine de mètres sur sa gauche !

Au final, même si quelques images sortent un peu du lot, c'est plutôt une série de "reportage".

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sam.

30

juin

2018

Des tritons sur la banquise

Samedi dernier, dernier jour de juin, je retourne au même endroit que le week-end précédent. Quel contraste ! La neige a presque entièrement fondu, et l'endroit est parfaitement silencieux. C'est tout juste si je parviens à débusquer 4 grenouilles accouplées dans les herbes.

Bon, je m'en doutais un peu. Je mets le cap sur le versant Est puis Sud de la montagne, où je connais une petite gouille. Avec de la chance, peut-être y trouverais-je des libellules ? ou des serpents se chauffant au soleil sur l'éboulis qui domine la mare ?

Mais une fois sur place, surprise: la mare et l'éboulis sont dominés par une série de pentes raides entrecoupées de petites barres. Au printemps, il y a eu une avalanche, sans doute assez grosse puisque l'éboulis est entièrement recouvert de neige et que 80 % de la surface de la mare est encore recouverte par une épaisse banquise. A 1815 m, dans un versant S-E, au 30 juin !

Deuxième surprise: dans les 20 % d'eau "libre" nagent de nombreux tritons alpestres, et quelques uns se sont aventurés sur la banquise. L'occasion d'une nouvelle séance photos, à plat ventre sur la neige !! Photos difficiles car le triton n'est pas vraiment un "top modèle". Avec ses gros yeux, par certains côtés, il me rappelle un peu "E.T.", le gentil extra-terrestre de Spielberg ! Bref, on aime ... ou pas !!

Petite précision: j'ai remarqué que ces "tritons de la banquise" devenaient rapidement engourdis, et que lorsqu'ils parvenaient à atteindre une petite flaque de 10 ou 15 cm de profondeur, ils avaient beaucoup de mal à nager correctement et à avancer, sans doute trop engourdis par le froid. Je suis donc allé à la "pêche aux tritons" pour les remettre dans l'eau plus chaude située juste à côté, où ils retrouvaient immédiatement toute leur vivacité.

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sam.

23

juin

2018

La reproduction des grenouilles rousses

Je déteste le mois de juin ! Même en réglant le réveil sur 5h15, impossible de partir avant l'aube. Le photographe de juin doit être insomniaque !

 

Mais bon, ce samedi 23 juin, me voilà parti, pas trop tard tout de même, en direction du refuge d'Anterne. Les derniers névés qui subsistaient encore sur le chemin ont été "ouverts" à la pelle mécanique, afin de permettre un passage facile pour les randonneurs. Randonneurs dont certains parcourent déjà le GR5: je me demande si la pelle mécanique est montée jusqu'au col du Brévent !!?? Enfin bref, le refuge d'Anterne est ouvert et complètement accessible, et il a été ravitaillé en hélico il y a quelques semaines déjà. C'est beau le commerce en montagne !

 

En arrivant au Laouchet, j'entends comme un bruit de petite moto, ou de mobylette. Je me dis que décidément, il va falloir aller loin et haut pour avoir un peu de tranquillité !! Mais en écoutant mieux et en écarquillant bien les yeux, ce n'était pas un engin motorisé. Sur (et aussi sous) la neige qui recouvre encore le Laouchet, des dizaines de grenouilles donnent de la voix.

J'ai passé deux heures à les photographier, de 8h08 à 10h18, la plupart du temps couché sur la neige, sans autre protection qu'un T-shirt et une petite polaire légère. Au début ça va, le soleil est déjà bien présent. Mais progressivement l'eau imprègne les vêtements et le petit bisolet se fait sentir. A 1950 m, la température n'atteint sans doute pas les 20° (il y avait 7° au parking à 7h). Si bien que je finis par grelotter. La pause s'impose.

Je n'irai pas plus loin aujourd'hui, pas de tour de Pormenaz, seulement une redescente avec le seul frein avant: la durite du frein arrière est fendue et elle fuit.

 

Sur le plan photographique, le ciel limpide sans aucun voile nuageux et le soleil vif m'ont beaucoup gêné. La surexposition à +2 IL qui était assez judicieuse samedi dernier, s'est avérée excessive aujourd'hui: en effet il y a toujours un petit film liquide qui recouvre la peau des grenouilles, et dès que le moindre rayon de soleil frappe cette pellicule d'eau, ça brille !! J'ai donc beaucoup joué avec les curseurs du logiciel pour récupérer le coup.

J'ai deux images de grenouilles en plein bond: la première avec une vitesse d'obturation au 1/1000 sec. à peine suffisante, la netteté n'est pas absolument parfaite, sur un saut latéral de la gauche vers la droite. La profondeur de champ est correcte avec une ouverture à f/4.5 (fermée d'un cran). La deuxième: 1/2000 sec, ça va. Cette fois elle saute face à moi, dans ma direction, et ce qui n'est pas tout à fait bon, c'est la zone de netteté. Normale, avec la pleine ouverture (f/4), la profondeur de champ est très (trop) réduite, même pour une petite bestiole comme une grenouille. Bref, j'aurais dû fermer encore un peu (à f/5 ou f/5.6 par exemple) et garder la vitesse à 1/2000 sec, quitte à faire monter les ISOs.

La "photo de groupe" en ouverture n'est là que pour montrer la densité de grenouilles au mètre carré ! On en voit 12 ou 13 sur l'image, mais il y en a d'autres cachées dans l'herbe.

Ensuite défilent les portraits de grenouilles sur la glace (qui présente souvent de jolis dessins mas la colorimétrie pose problème, la glace c'est bleu !!) puis sur la neige (fond blanc plus simple à gérer, plus sobre, mais moins "graphique").

Les œufs des grenouilles flottent généralement dans une flaque ou une petite mare où l'eau est souvent saumâtre et les œufs semblent marrons. En fait pas du tout. J'ai réussi à en trouver un petit tas qui reposait à l'air libre (mais protégé du soleil par un "toit" de neige (combien de jours tiendra ce toit ??): très photogénique, et peut-être intéressant pour un biologiste ... car on voit bien l'embryon dans sa "gélatine".

BONUS: 3 photos de tritons alpestres:

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sam.

16

juin

2018

Les Sabots de Vénus (Cypripedium Calceolus)

16 juin: date limite pour les sabots de Vénus: sur le site que je connais (grâce au Centre de la Nature Montagnarde de Sallanches), à 1300 m près de Manigod, la plupart étaient déjà fanés. Mais il en restait encore suffisamment pour réaliser quelques clichés.

Alors, là aussi, comme avec les grenouilles sur la neige: situation très contrastée: les sabots de Vénus poussent dans des milieux "semi-ouverts", ce qui signifie pour le photographe, 9 fois sur dix: ombre et soleil. J'ai donc essayé de composer au mieux mes images, avec le rayon de soleil sur la fleur et l'arrière plan dans l'ombre. Situation que j'ai accentuée en sous-exposant cette fois, à la prise de vue bien sûr: entre -1 et -1.6 IL. Donc non, je n'ai pas tendu un drap noir derrière les fleurs (même si c'est l'impression que ça peut donner).

Il y a deux ans j'avais réalisé des photos vraiment "classiques" ou "naturelles", disons "réalistes". Normal, je découvrais le site, c'était mes premières photos de Sabots de Vénus. Cette fois j'ai tenté de chercher et de donner à mes images une petite touche d'originalité, un effet un peu spécial. Avec cette sous exposition donc, mais aussi par exemple en photographiant un bouquet de fleurs à travers un trou dans le feuillage d'un arbuste (2ème photo) ce qui donne un effet de "cadre" ou bien "vu à travers un trou de serrure" qui, je l'avoue, peut être plus intéressant pour un animal craintif ou farouche (comme le tétras lyre) que pour une fleur !

Attention, aujourd'hui, il y a une suite:

En effet, c'était une balade en famille et j'étais accompagnée de mon "assistante-stagiaire-apprentie", et bien sûr, Endy Miss Truffe était avec nous, évidemment tenue en laisse, à tour de rôle par Véronique et moi, et nous avons veillé à ce qu'elle n'aille piétiner AUCUNE fleur.

Donc voici les clichés de Véronique, qui a eu bien du mérite car c'est aujourd'hui seulement que je viens de réaliser que sur le téléobjectif 50-500 mm qu'elle a utilisé, le stabilisateur n'était pas enclenché ! Et elle a tout fait à main levée, sans trépied. Du coup, il a été difficile et compliqué d'assurer la bonne stabilité de l'appareil.

De plus, pour éviter de trop lui compliquer les choses, je ne lui ai rien dit de la recherche du meilleur compromis entre ouverture / profondeur de champ / vitesse d'obturation. J'ai aussi passé sous silence la correction d'exposition et j'ai réglé la vitesse sur 1/800 seconde, ouverture au max (mais variant en fonction de la focale utilisée), et Véronique a simplement fait varier la focale et déplacé le collimateur autofocus selon ses envies.

Étant donné toutes ces circonstances, je trouve qu'elle s'en est tirée plutôt pas mal.

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ven.

15

juin

2018

L'eau prend le pas sur la neige !

Qu'est ce que ça fait du bien !!

Certes la victoire n'est pas encore totale, car il reste encore de nombreux dépôts d'avalanches, même dans des versants sud, qui rendent pénible la progression en VTT, par exemple dès la première rampe au-dessus des chalets des Ayères, à 1700 mètres. Et pour rejoindre le refuge d'Anterne, à partir de 1970 m, il faut laisser le vélo et continuer à pied. Le lac de Pormenaz est encore presque totalement "enneigé" même si la "banquise" est beaucoup plus mince et va bientôt disparaître.

Malgré cette présence encore importante de la neige à une altitude assez modeste, la fonte est maintenant importante et rapide: les ponts de neige sur les ruisseaux sont très minces et fragiles, parfois l'eau court à l'air libre et c'est un réel plaisir de voir se former les premiers méandres. L'eau coule partout: sous la neige le plus souvent, mais aussi parfois sur la neige, elle déborde ! C'est la période de la débâcle, qui charriait d'énormes blocs de glace sur le Yukon, dans les romans de Jack London.

Sur le plan photographique, la coïncidence est étonnante, mais cette période marque pour moi la fin de la disette, terminée la période des vaches maigres !

Cela peut paraître incroyable, mais alors que cet hiver je n'ai réussi que très peu de photos d'animaux dans la neige, hormis un ou deux bouquetins et chamois (mais pas d'hermine, pas de renard, aucun lagopède, à peine un demi-tétras !), c'est au 15 juin que je ramène quelques belles images "sur fond blanc": des images prises à 1950 m dans un versant nord. Les bestioles en question ne sont absolument pas des "emblèmes" de la montagne, elles n'ont pas la majesté de l'aigle royal, la puissance du bouquetin, l'agilité du chamois, elles ne paradent pas comme le tétras lyre, elles ne changent pas de couleur au fil des saisons comme le lièvre variable ou le lagopède, et pourtant elles aussi ont passé l'hiver là haut, sous la neige, elles ont résisté plus de six mois, jusqu'à cette mi-juin, et maintenant, la première urgence c'est la reproduction ! Je vous présente donc aujourd'hui quelques images du réveil des grenouilles rousses (dans la neige) !

Ce sont des images qui présentent un très fort contraste de luminosité, la couleur des grenouilles étant plutôt sombre. J'ai donc sur-exposé fortement (de + 1,3 à +2 IL) , dès la prise de vue afin de donner ce qu'on appelle un effet "high-key" et d'avoir des grenouilles exposées correctement (et pas juste une silhouette toute noire). A noter, qu'à l'arrière plan, la neige a parfois été rougie voire carrément noircie par je ne sais quel phénomène (réel, pas photographique) !

Autre petit "miracle" du jour: en marchant, vers 1850 m, mes yeux sont tombés sur un drôle de papillon, pas très beau, mais un peu particulier: c'est un papillon de nuit ! Il s'agit d'un petit paon de nuit (Eudia pavonia), un mâle, reconnaissable à ses antennes "pectinées".

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Je ne suis pas un photographe professionnel. J'ai un métier que j'exerce à temps complet. Je suis simplement un "photographe randonneur" passionné de montagne et de nature, la photographie est un loisir que je pratique pendant mon temps libre, en pur amateur. Photographier des animaux sauvages exige de passer beaucoup de temps sur le terrain.

 

Néanmoins je me ferai un plaisir de répondre à vos questions et à vos demandes aussi rapidement que je le pourrai. N'hésitez pas à me contacter:

 

M. Cyril DESAGE

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